Kaosfantasy. Moi, Mor-eldal, Tome 2: Le messager d'Estergat

7 Les framboises sont meilleures en prison

Pas un seul jour, le Bor ne manqua de me donner ma dose de karuja. Il tenait sa parole et, moi, la mienne. En réalité, au début, je n’avais aucune idée de la quantité de karuja nécessaire pour éviter les effets du manque de sokwata. Cela dépendait des jours et cela n’arrangeait pas tout : cela atténuait la douleur et la faisait presque disparaître, mais pas complètement, de sorte que, chaque soir, en rentrant au cachot, la douleur s’intensifiait petit à petit, au point de devenir insupportable. Un soir, au début de Loups, j’eus une frayeur mortelle quand, en rentrant dans le cachot, je ne vis pas le Bor. Je bredouillai :

— « Oùsqu’il est, le Bor ? »

— « Les Esprits l’ont emporté », lança le Toqué, la mine lugubre.

Et il éclata de rire face à mon regard horrifié. Le Raïwanais intervint d’une voix profonde.

— « N’écoute pas cette canaille : il a fait une scène et ils l’ont envoyé passer le balai comme punition, c’est tout. Il va pas tarder à revenir. »

C’était la première fois qu’il s’adressait à moi et me disait autant de mots d’affilée et, pour cette raison et peut-être à cause de mon état quelque peu hébété, je continuai à le regarder fixement. Je ne saisis pas bien le sens des mots et, après un silence, je bredouillai de nouveau :

— « Oùsqu’il est, le Bor ? »

Cette fois, personne ne me répondit. Je reçus des regards étonnés de tous et je les esquivai en me tournant vers les barreaux. Je les agrippai, posai le front contre l’un d’eux et attendis. Mais le Bor ne venait pas. Le dîner arriva et je vidai mon bol sans appétit avant de retourner à mes barreaux. Rien. Mon pouls s’accéléra, mes yeux me piquaient… Et le Bor ne venait pas. Alors, au bout d’un moment, j’allai m’asseoir dans un coin. Farigo m’accueillit avec une expression mi-prudente mi-curieuse.

— « Draen ? T’as un problème ? », me murmura-t-il.

Je ne sus quoi lui répondre. Mon cœur battait comme si je venais de traverser Estergat en courant à toute allure. Alors, mes yeux se portèrent sur le sac avec les biens du Bor. Je regardai le Raïwanais du coin de l’œil. Celui-ci était allongé sur son lit, à quelques centimètres du sac à peine, mais il avait les paupières fermées. Avec quelques harmonies de silence, je pourrais sûrement sortir la karuja sans qu’il m’entende, n’est-ce pas ? L’Hérétique me regardait. Bah. Que lui importait ce que je pouvais faire ?

J’avançai discrètement. Je marchai à quatre pattes. Et j’arrivai près du sac. Je l’ouvris et… La poigne du Raïwanais se referma sur mon bras. Je laissai échapper une exclamation étouffée.

— « On ne touche pas aux affaires du Bor », me grogna l’elfe baraqué.

Il me regardait dans les yeux, sans me lâcher. J’acquiesçai en silence. Les yeux me brûlaient et ma tête me faisait bien plus mal que mon bras tenaillé. Alors, des bruits de pas s’entendirent dans le couloir et le Raïwanais me libéra. La porte du cachot s’ouvrit et le Bor entra d’une démarche tranquille. Moi, je n’avais pas bougé de place : j’étais toujours agenouillé près du sac. Le Bor jeta un regard circulaire, sembla remarquer qu’il s’était passé quelque chose et commenta :

— « On dirait qu’il y a eu de l’orage par ici. »

— « Tiens, le balayeur est de retour », sourit le Toqué avec une amicale raillerie. « Le gwak se languissait de toi. »

Les yeux du Bor se posèrent sur moi, puis sur le Raïwanais, et alors le ruffian secoua doucement la tête.

— « Je comprends. »

Il se pencha près de moi, pêcha une boulette de karuja dans le sac, mais, au lieu de me la donner tout de suite, il joua avec elle, en prenant un air pensif.

— « Tu as voulu la prendre toi-même, hein ? Ça ne se fait pas, Quatre-cents. Je pourrais te punir aujourd’hui et ne pas te la donner. Qu’est-ce que t’en penses ? »

La simple idée de pouvoir passer toute la nuit en enfer me remplit les yeux de larmes. Je ne dis rien, mais un regard valait plus que mille paroles. Le Bor avait une expression sombre. Finalement, il soupira.

— « Tu fais pitié, Quatre-cents. »

Et il me donna la boulette de karuja. Je la mis dans ma bouche, avalai et, obéissant à un geste muet du Bor, je m’éloignai dans mon coin. Petit à petit, la douleur s’en fut presque entièrement. Mais pas la honte. Je la repoussai comme je pus et, quand le Toqué me jeta un regard moqueur en allant jouer la partie de cartes quotidienne, je soutins son regard avec dignité. Comme le cachot s’emplissait de commentaires sur la partie, Farigo me rejoignit à quatre pattes.

— « C’était quoi, ça ? », demanda-t-il.

Je lui jetai un regard surpris.

— « Tu sais pas ce que c’est que la karuja ? »

Comme il faisait non de la tête, je souris et lui ébouriffai les cheveux en disant :

— « Quelque chose de très mauvais, shour. Mais, si je la prends pas, je me fumise. Écoute, toi, n’en prends jamais, même pas en blague, hein ? Sinon c’est moi qui te fumise. »

Farigo roula les yeux.

— « C’est si mauvais que ça ? »

— « Rageusement mauvais », assurai-je. Je fis une pause. « Tu veux jouer à la mourre ? »

Farigo s’anima.

— « Rageusement ! »

Je souris. Le petit fileur apprenait le jargon des Chats avec une étonnante rapidité.

* * *

Malgré ma prestation dès mon premier jour de prison, le prêtre et moi, nous finîmes par nous entendre assez bien et, une fois, il m’offrit même un collier avec une étoile du Daglat en bois de chêne. Il en donna aussi un à Farigo et, pour la fête des Innocents, le troisième Jour-Sacré de Loups, il nous apprit, à nous tous, enfants prisonniers, un chant religieux pour que nous le chantions face aux geôliers et aux autres prisonniers. Tous nous applaudirent. Tandis que nous revenions déjà au cachot, le Bor me dit sur un ton moqueur :

— « Tu sais qu’on t’a entendu brailler plus que tous les autres, Quatre-cents ? »

Je souris largement et lui répondis :

— « Naturel : ch’suis un Chat gwak. »

Ce jour-là, le Bor était de très bonne humeur. Et c’est que c’était jour de visite. À midi, alors que nous étions tous dans nos cachots à tuer le temps, un geôlier se mit à appeler des numéros.

— « Deux-cent-trois ! »

Le Bor était prêt. Il avait revêtu sa redingote et avait payé un barbier. Il avait même réussi à me faire cirer ses chaussures en échange de l’habituelle boulette de karuja et de deux biscuits qu’il lui était resté de la visite précédente.

— « J’y vais, ma dame m’attend », nous annonça-t-il avec un large sourire. Il sortit dans le couloir avec une démarche de roi et on lui mit les menottes.

— « Trois-cent-soixante-sept ! »

Ça, c’était le Variolé. Allez savoir qui pouvait bien venir lui rendre visite. À part eux deux, personne d’autre ne sortit de notre cachot. Chaque fois que j’entendais un numéro qui commençait par quatre-cents, je tressaillais très légèrement, mais ce furent toutes de fausses alarmes. Qui diables allait me rendre visite de toute manière ? Mes camaros ? Ils ne pouvaient pas : ils n’étaient pas majeurs. Ni Yal, ni Yerris, ni Sla. Et en plus, ils n’avaient, bureaucratiquement parlant, aucun lien de famille avec moi. Et, évidemment, Korther n’allait pas venir en personne pour m’essoriller.

— « En marche ! », lança un gardien.

La file de prisonniers ayant des visites s’en alla, laissant le couloir silencieux. Je lâchai les barreaux et, dès que je me retournai, je remarquai l’expression sombre de Farigo. Pensait-il à sa mère, la fileuse, qui l’avait rejeté de la famille comme on chasse une brebis galeuse ? Il devait penser quelque chose de ce genre, parce que le pauvre semblait être sur le point de pleurer. Je lui poussai la tête d’une main affectueuse, principalement pour le consoler un peu, et je dis :

— « Je monte. »

Je grimpai m’aidant des lits superposés jusqu’à la fenêtre et m’agrippai à la grille. Le ciel, ce jour-là, était bleu, et il entrait un air froid hivernal par l’ouverture. Je me recroquevillai en me tordant pour loger sur l’étroite embrasure. Alors, en plus du ciel, je vis les toits d’Estergat, les Ravins et même un bout de rivière. Après être resté à contempler la vue quelques instants, captivé, je sortis discrètement la lime, lançai un sortilège de silence et continuai à racler le barreau.

La plupart du temps, je travaillais la nuit, mais aujourd’hui, c’était Jour-Sacré et, comme le Bor avait prévu l’évasion pour dans une semaine, je devais me dépêcher. Le Bor disait que, quand des prisonniers s’échappaient, les autorités offraient de si généreuses récompenses que tous les citoyens se portaient volontaires pour leur donner la chasse. Huit siatos pour vous attraper près de l’Œillet, quatorze dans la ville, vingt et même jusqu’à trente siatos s’ils vous capturaient hors d’Estergat. Ce qui, pour beaucoup, représentait les gains d’une lune entière. Malgré tout, le Bor affirmait qu’il avait des amis et que son plan fonctionnerait. Eh bien, il fallait l’espérer.

Quand le Bor revint, l’avant-dernier barreau était déjà presque coupé. Je descendis précipitamment en entendant le bruit de pas dans le couloir, je m’étirai et massai mes muscles endoloris. Le Bor entra, un sourire aux lèvres. J’écarquillai les yeux en voyant ce qu’il portait entre les mains. C’était un gâteau aux framboises. Rien que le voir, c’était déjà un régal.

Allongé à plat ventre, les coudes appuyés par terre, j’observai comment le Bor partageait le gâteau avec son ami, le Raïwanais, tandis qu’il racontait joyeusement comment sa dame avait remporté une montagne d’or la nuit précédente. J’écoutais à peine ce qu’il disait : mes yeux étaient rivés sur chaque bouchée qu’il prenait au gâteau. En réalité, tous, nous le regardions, excepté le Variolé, qui était demeuré l’air mélancolique, allongé sur son lit.

— « Eh, Quatre-cents », dit le Bor avec un léger sourire. « Tu veux un morceau ? »

L’eau me vint à la bouche rien qu’en entendant l’invitation. Je ne voulais tomber dans aucun piège, mais, bouffres, j’avais tellement envie de goûter le gâteau…

— « Qu’est-ce que tu veux en échange ? », demandai-je.

Le Bor roula les yeux.

— « Que tu continues à limer, ça te paraît pas déjà assez ? »

Il était sérieux ou il se fichait de moi ? Je me levai et m’approchai avec prudence. À ma grande surprise, le Bor déposa un généreux morceau de gâteau dans mes mains en disant :

— « Joyeuse fête des Innocents, shour. »

Il était gras, mais il avait un air de Saint Esprit Patron. Je reculai et, voyant l’expression envieuse de Farigo, je partageai le morceau et lui donnai la plus grande part.

— « Enfourne. »

Farigo me regarda, la mine incrédule, mais il ne se le fit pas répéter. Nous mangeâmes chacun notre part et nous nous pourléchâmes et suçâmes les doigts. Ce n’est que lorsque nous commencions à digérer le délicieux repas que le petit fileur me lança un :

— « Merci. »

Je haussai les épaules et lui souris.

— « De rien, shour. Plaisir partagé, plaisir doublé », récitai-je savamment. Et mon sourire s’élargit quand je me souvins qu’une fois, il y avait longtemps, j’avais dit la même chose à mon maître nakrus, sauf qu’au lieu d’un gâteau aux framboises, cette fois-là, il s’agissait du morjas d’un os de lapin que j’avais volé à mon maître.

* * *

Cette nuit-là, je brisai l’avant-dernier barreau et, le lendemain, pendant que nous déjeunions, je le dis au Bor dans un murmure.

— « Il manque plus qu’à limer la barre horizontale, à gauche », chuchotai-je. « Tu crois que le Raïwanais pourra passer ? »

— « Bien sûr qu’il pourra », grogna le Bor sans même jeter un coup d’œil vers la fenêtre, en haut du mur. « Et s’il a du mal à passer, je le pousserai », assura-t-il. « Il passera. »

Si tu le dis, pensai-je. Mon regard s’égara vers l’ami du Bor. L’elfe baraqué se trouvait près de la grille, absorbé et très occupé à prendre de petites gorgées à une bouteille de vin.

— « Tu te demandes pourquoi ils ont condamné ce balèze, hein ? » Je me tournai. Les yeux du Bor souriaient. Je haussai les épaules, acquiesçai et pris une mine interrogatrice. Alors, me regardant du coin de l’œil, il fit : « Vol de cadavres. »

Mon estomac se retourna.

— « Tu veux dire… qu’il vole les choses qu’il y a dans les tombes ? »

— « Si tu considères les corps comme des choses, oui. » Il s’esclaffa tout bas face à mon expression sidérée. « Atterris, shour. L’Hôpital de la Passiflore donne un bon prix pour chaque pièce. Je sais de quoi je parle : je lui ai donné un coup de main en été. Les médecins payent de l’or. Oh, allez, Quatre-cents, ne fais pas cette tête ! C’est plus grave de voler un vivant que de voler un mort, tu ne crois pas ? Le mort, après tout, il s’en rend même pas compte. »

Je pris un air pensif et acceptai l’argument.

— « C’est vrai. À moins que quelqu’un le ressuscite. »

Le Bor me jeta un regard moqueur.

— « Et t’en connais beaucoup qui soient capables de relever un mort ? Le Raïwanais », fit-il, amusé, comme je ne répondais pas. « Lui, oui, il relève des morts. »

Je finis ma soupe et décidai de changer de sujet.

— « Et la corde ? Elle est déjà assez longue ? »

— « Pour se pendre oui, pour s’évader non… » Il s’esclaffa. « C’est une blague, shour. Ça suffira. Au plus, il nous manquera un mètre pour arriver en bas… Si tu peux en voler un peu plus, fais-le et je renforcerai la corde. Mais prends pas de risques. À part ça, il te reste plus qu’un barreau et ça y sera. »

— « Oui… » J’hésitai et fis dans un murmure : « Dis, toi, n’oublie pas la karuja, hein ? »

Je ne sais pas pourquoi je baissai le ton chaque fois que je prononçais le mot karuja. C’était ridicule, surtout parce que tous ceux du cachot savaient déjà que j’en prenais, et les gardiens devaient le deviner. Ce que ces derniers ne pouvaient —et ne devaient pas— s’imaginer, c’était ce que je donnais au Bor en échange.

— « Je te donnerai une réserve pour que tu n’en manques pas », me promit le Bor. « Mais… si tu veux un conseil, moi, j’arrêterais d’en prendre. Si t’as l’intention de te payer une dose tous les jours, t’auras pas d’autre solution que de travailler pour ces trafiquants des Chats… si tu le faisais pas déjà avant de venir ici. »

Je fis une grimace, baissai les yeux sur mon bol vide et passai le doigt pour finir de le nettoyer. Je savais que le Bor ne me demandait pas de réponse. Cependant, je lui répondis.

— « Non. Je travaillais pour personne. »

On entendait déjà les pas des gardiens dans le couloir. Sans lever les yeux, je suçai mon doigt et laissai le bol avec les autres. Alors, le Bor fit :

— « Je te crois. »

Je me tournai vers lui, surpris. Le Bor sourit.

— « C’est pour ça que… je réitère mon conseil. »

Je lui adressai une moue embarrassée et je me tournai vers les barreaux tandis que les geôliers ouvraient les cachots appelant les prisonniers. Je fronçai les sourcils, étonné. Il se passait quelque chose. Nous nous dirigeâmes tous vers les barreaux et vîmes apparaître le directeur de la prison. C’était un grand kadaelfe, au visage carré et aux yeux jaunes. On ne le voyait que de temps en temps dans la grande salle où l’on défaisait les cordes. Il s’arrêta devant notre cachot.

— « Trois-cent-soixante-deux et trois-cent-huit ! », clama-t-il. « Prenez vos affaires et accompagnez-nous. Vous allez être transférés. »

Le Pied-tors et l’Hérétique s’agitèrent, nerveux.

— « Où ? », demanda le premier.

— « À Stron », répondit le directeur. « Vous allez aider dans les mines, pour les rails et ce genre de choses. »

Il passa au cachot suivant appeler un autre prisonnier et je m’écartai de la grille en contemplant le Pied-tors et l’Hérétique avec un mélange de peine et d’envie. Peine parce que je ne les reverrais pas et envie parce que je savais que la ville minière de Stron était en pleine montagne. Au moins, ils allaient pouvoir voir des montagnes tous les jours.

— « Mes amis », lança le Bor sur un ton courtois. « Heureux de vous avoir connus. »

— « Pareillement », répliqua l’Hérétique avec ironie. Emportant un sac qui ne devait pas peser un demi-malde, il franchit le seuil.

Le Pied-tors, comme le bon marchand libre qu’il était, fut plus sociable. Il serra la main du Bor, du Toqué, du Raïwanais et du Variolé et, à ma satisfaction, il ne m’oublia pas et m’ébouriffa les cheveux.

— « Continue à chanter, Quatre-cents », me dit-il.

Je souris, il sortit et les gardiens refermèrent la grille pour s’assurer que tous ceux qui étaient dehors étaient bien uniquement les prisonniers qu’ils transfèreraient à Stron. Je m’agrippai aux barreaux et, en voyant déjà la file s’éloigner dans le couloir, j’entonnai :

Oh, non, je n’oublierai poiiint,
Ô compagnon de ma vie,
Qu’on a partagé le pain
Et presque le même lit.

La plaisanterie, bien que populaire, arracha des sourires et plusieurs prisonniers, pour condimenter le tout, applaudirent et sifflèrent.

— « Que les Esprits veillent sur vous, camarades ! », s’écria l’un d’eux.

Un autre entonna une chanson de détenus, plusieurs s’unirent à lui, et ainsi s’en furent nos compagnons de prison, au milieu du tumulte, des couplets et des encouragements. Finalement, je m’écartai de la grille et j’observai l’expression désinvolte du Bor, encore assis sur le lit. Je crus deviner ses pensées : sans l’Hérétique et le Pied-tors, il aurait quarante siatos de moins à payer. Tant que de nouvelles recrues ne nous arrivaient pas…

Manque de veine, elles arrivèrent.

Et, parmi eux, il y avait un Daguenoire.