Kaosfantasy. Les Pixies du Chaos, Tome 3: Le Rêve des Pixies

15 Mélodie de Vie sous la Cascade de la Mort

Malgré les réserves de Kala, je suivis le conseil de Zélif et, dans la petite maison que nous louâmes pour l’o-rianshu, assis à une table ronde avec les autres, Yodah, Yanika et moi, nous expliquâmes plus ou moins tout ce que nous savions sur les Pixies. Jiyari participa uniquement pour dire que, lui, il ne se rappelait pas bien de tout cela, mais que son cœur lui disait qu’il était un Pixie et que j’étais son frère. Heureusement, les autres, nous fûmes plus explicites.

— « Alors, ce Lotus et Liireth seraient la même personne », murmura Zélif, encore sous le choc.

Yéren jouait avec son bonnet, songeur et silencieux depuis un bon moment. Il rompit alors le silence.

— « Il y a quelque chose que je n’arrive toujours pas à comprendre. Je comprends que, si cette dénommée Rao s’est spécialisée dans cette branche de la bréjique, elle ait transvasé l’esprit de Jiyari dans un nouveau-né et qu’elle l’ait confié à un temple de Tatako. Mais… comment a-t-elle fait pour parvenir à un nouveau-né Arunaeh ? J’ai lu il y a peu que, tant que vous ne receviez pas le Datsu, vous ne pouviez pas sortir de l’île. Sans vouloir être indiscret… comment a-t-elle fait ? »

Il y eut un bref silence et, alors, Yodah s’appuya en arrière croisant les pieds sur la table. Je saisis son message sans besoin de bréjique.

— « Désolé, Yéren. Ce sont des secrets de famille », dis-je.

— « Oh… J’aurais dû l’imaginer. Excuse-moi », dit Yéren avec une moue sincère. « Venant d’une famille de maîtres-joueurs, je comprends bien la valeur des secrets. »

— « Eh bien, je m’en réjouis », dit tranquillement Yodah. « Mais vous devrez quand même garder le silence pour le reste. Si l’on découvrait que Drey a un Pixie en lui, cela pourrait être problématique. Dans la Guilde des Ombres, il y a encore de vieux croûtons de l’époque où tout ceci s’est passé. Les pires sont déjà morts… mais, quand on ne les réprime pas, les mauvaises conduites se transmettent et qui sait si les fameux laboratoires de la Guilde ne continuent pas à ‘soigner’ des saïjits. »

Il me jeta un regard de biais. Je grimaçai et me servis un autre verre d’eau avec du miel de kéréjat. Alors que je buvais une gorgée, Zélif s’appuya sur la table en disant :

— « À mon tour, je dois vous dire une chose que, manifestement, vous ne savez pas. À Trasta, j’ai fait des recherches sur Liireth et j’ai fini par remarquer que les circonstances de sa mort… étaient très étranges. »

Ses paroles attirèrent toute notre attention. Le front plissé, Zélif expliqua :

— « Apparemment, avant d’être piégé, le Grand Mage Noir aurait été vu dans un village. Il serait passé en pleine rue sans peur, et quelqu’un a déclaré dans un rapport que ses yeux étincelants ne paraissaient pas de ce monde. » Elle marqua un temps. « Quelques heures plus tard, dans une caverne à l’est de Blagra, Liireth était cerné et abattu par des celmistes. La logique aurait voulu qu’ils le capturent pour l’interroger et lui soutirer tout ce qu’il savait sur les dernières enclaves rebelles de la Contre-Balance. Mais, à aucun endroit, il n’est dit qu’ils aient pris le temps de le faire. Ils l’ont tué et ont transporté son corps à la capitale de Dagovil, où il a été brûlé mort sur un bûcher devant les citoyens. Cela ne vous semble-t-il pas étrange ? »

Il y eut un silence. La colère de Kala m’écarta comme l’éclair et nous frappâmes la table d’un poing ganté.

— « Étrange ? », croassa Kala. « Les saïjits sont des monstres ! Qu’est-ce que ça a d’étrange ? Ne parlez pas comme ça de Lotus comme si c’était de l’histoire ancienne. Jiyari et moi, nous sommes ses fils. Nous savons qu’il ne peut pas être mort. »

Ils me dévisagèrent tous durant quelques secondes. Je soupirai. Alors, Yodah s’assit d’une manière plus conforme à son titre de fils-héritier et s’éclaircit la voix.

— « Ce que tu racontes est intéressant, Zélif. De fait, après des recherches, je suis arrivé à la même conclusion. »

La leader des Ragasakis avait l’air presque déçue.

— « Vraiment ? Bon », s’anima-t-elle. « Cela veut dire que je ne divague peut-être pas alors. »

— « Désolé, mais… de quoi parlez-vous ? », demanda Yéren, perdu.

Zélif croisa les bras et clarifia :

— « Je crois que cet homme qui est mort n’était pas Liireth. Si ceci est vrai, alors, sa mort a été feinte. Et les hauts responsables dagoviliens le savent. »

Kala et moi, nous demeurâmes aussi stupéfaits l’un que l’autre. Pour une fois que quelqu’un n’enterrait pas Lotus… La faïngale ajouta :

— « Ce qui me pousse à me demander : l’ont-ils enlevé ? Sont-ils parvenus ou non à un accord avec lui ? Ou alors, ignorent-ils tout simplement où il est et ont-ils décidé de publier une fausse mort ? »

— « Mais… », intervint timidement Jiyari, « comment pourraient-ils cacher quelqu’un comme Père ? C’est le Grand Mage Noir… »

— « La Guilde des Ombres projette son ombre même sur les vérités les plus claires », affirma Yodah sur un ton léger.

Zélif fit une moue.

— « Je ne sais pas ce qu’il est arrivé à Liireth, mais sachant qu’il est considéré comme l’un des plus grands celmistes du siècle passé… il doit avoir des connaissances que lui seul possède. Enfin, maintenant il doit être très vieux… »

— « À moins qu’il se soit transvasé dans une larme draconide ou dans un autre corps », intervint Yodah. « En tout cas, s’il est en vie, soit il est avec la Guilde soit il est quelque part ailleurs. Bref : nous ne savons rien. »

Durant un moment, l’ambiance s’emplit de réflexions silencieuses. Si Liireth avait perdu son corps et s’était transvasé dans une larme draconide… où était donc cette larme ? Était-elle restée abandonnée dans quelque caverne ? Était-elle aux mains des Dagoviliens ?

Kala grogna.

— « S’il a perdu son corps, il a dû se réincarner dans un autre comme nous », dit-il. « Et mes frères et moi, nous le trouverons. Pas vous. »

Je remarquai plusieurs grimaces parmi mes compagnons. Yéren se racla la gorge et dit sur ton embarrassé :

— « Drey… Ou Kala… Je sais que cet homme vous a sauvés, mais il avait joué avec vos corps comme les autres scientifiques durant des années, ne l’oublie pas. Et, durant la guerre, il a commis le crime de créer les colliers des dokohis. Des centaines de personnes innocentes ont été contraintes à lutter à mort contre les forces de la Guilde… »

Il se tut, sidéré, quand Kala se leva d’un bond, tremblant, et rugit :

— « Je vous hais tous ! »

Attah… Nous avions trop parlé du passé. Et visiblement, quand on parlait de Lotus, Kala s’avérait bien plus sensible que Jiyari. Je devinai ses sentiments : il se sentait attaqué, effrayé, se demandant si, finalement, ces saïjits n’étaient pas aussi horribles que les Masques Blancs qu’il avait connus dans son corps précédent. L’atmosphère se chargea d’une aura de peur et d’alarme.

— « Frère », murmura Yanika d’une voix aigüe.

Je l’effrayais. Voyant cela, je me sentis si mal que mon Datsu se libéra. Et avec la rage aveugle de Kala… il se libéra totalement. Fichtre, compris-je. Je me retrouvais une nouvelle fois sans sentiments.

Kala s’était éloigné brusquement de la table et venait de se cogner contre un mur avec force, émettant des cris étouffés. Tentait-il de se contrôler ? Ou plutôt de décharger sa rage ? Sachant que tant de coups ne parviendraient qu’à abîmer notre corps, je tentai d’amortir la force avec l’orique.

— « Frère ! », cria Yanika.

Les six s’étaient levés de la table. J’analysai la situation : si quelqu’un s’approchait trop, il serait blessé. Et ceci était mauvais. Je devais empêcher Kala d’utiliser l’orique : il ne savait pas la contrôler et non seulement il allait consumer toute la tige énergétique, mais il allait aussi détruire la maison…

Kala inspira de surprise quand deux mains saisirent mes bras par derrière, me les tordant presque. Un coup de genoux le fit trébucher et nous tombâmes sur le sol, immobilisés par un poids. Reyk ? Oui, c’était le Zorkia. Le Pixie cessa aussitôt de lutter. Notre tête était en feu, notre cœur battait comme un tambour, nos yeux brûlaient de larmes. Kala souffrait, compris-je. Je parvins à brider un peu le Datsu et je sentis sa douleur asphyxiante. Il ne dit rien. Sa rage était morte, remplacée par cette douleur si familière qui terrassait son esprit et le laissait exténué.

— « Désolé. Je n’ai pas pu le calmer. »

De fait, en perdant durant un moment mes sentiments, la possibilité de le calmer par des mots ne m’avait pas effleuré. Je doutais qu’ils aient eu un effet de toute manière. Reyk souffla.

— « Deux personnes en une », dit-il. « C’est de la folie. »

Au moins, il me croyait maintenant, me réjouis-je. Quand je m’aperçus que l’aura de Yanika était redevenue sereine et même quelque peu joyeuse, je levai les yeux vers elle, incrédule. Ce n’étaient sûrement pas ses vrais sentiments. Se pouvait-il qu’elle commence à contrôler son pouvoir ?

En tout cas, cela fonctionna : Kala se tranquillisa un peu, je récupérai le contrôle total du corps et dis :

— « Tu peux me lâcher, Reyk. C’est moi, Drey. »

Le Zorkia hésita un instant avant de me lâcher. Je me levai sous le regard méditatif de Yodah, les yeux stupéfiés de Zélif et de Yéren, la moue tremblante de Jiyari. Et je leur adressai un petit sourire embarrassé.

— « Désolé pour l’interruption. Peut-être que la prochaine fois que vous parlerez de Liireth, il vaudra mieux m’exclure de la conversation… »

— « Non », me coupa soudain Jiyari, s’avançant. Le ton de sa voix était inhabituellement sérieux. « Nous devons entendre la vérité, Grand Chamane. Crois-moi : si nous voulons trouver notre père et nos frères, nous avons besoin d’aide. Eux, ils ne sont pas nos ennemis. Tous les saïjits ne sont pas des monstres, Kala. Tous ne sont pas comme ceux qui nous soignaient. Nous devons ouvrir les yeux à la réalité. C’est ce que Père aurait voulu. Nous devons le surmonter. »

Je le dévisageai, songeur. Le surmonter. C’est ce que Kala avait voulu faire depuis le début. “Le surmonter…” murmura Kala faiblement. “Comment ?” Il était évident que ni lui ni Jiyari n’avaient de réponse à cela.

— « Euh… », intervint Zélif, avançant de quelques pas, les mains jointes derrière son dos et l’expression inquiète. « Je regrette ce qui s’est passé. Je voulais juste exposer ma vision sur le sujet, mais il nous manque encore des indices pour connaître la vérité. »

— « On dirait une détective », se moqua Yéren sur un ton badin un peu forcé. « Tu sais ? Je ne sais pas si nous ne devrions pas arrêter de parler de ça pour le moment… »

— « Ils ont tué le vrai », dit soudainement Reyk.

Tous nos regards convergèrent vers le Zorkia et, s’en apercevant, celui-ci grimaça et expliqua sommairement :

— « J’étais dans une des patrouilles qui l’ont cerné. Et j’ai vu quand ils l’ont tué. Ils l’ont transpercé avec plusieurs piques. Ensuite, ils l’ont recouvert d’un linceul et nous l’avons escorté jusqu’à Dagovil. La petite blonde a raison : ils ne l’ont pas laissé parler avant de mourir. Pourquoi l’auraient-ils fait ? Il a provoqué la mort de mes compagnons… C’est tout ce que je sais. »

Ses yeux m’observèrent calmement. Ils semblaient me dire : oui, j’ai pris part à la mort de Liireth, est-ce que notre alliance tient toujours ou dois-je partir de là en courant poursuivi par les gardes ? Je soupirai.

“Arrête de te tourmenter, Kala. Ça ne sert à rien. Reyk ne connaissait pas Liireth : il peut se tromper.”

Et je dis à voix haute :

— « Merci, Reyk, pour les précisions. Moi-même, j’ignore ce que Liireth voulait faire, de même que j’ignore ce que veulent réellement les Pixies. Mais j’espère que nous nous aiderons mutuellement et que nous résoudrons nos problèmes. »

Reyk plissa le front et la cicatrice qui sillonnait son visage se rida près de l’Œil de Norobi. Il réajusta le bandeau et, à mon soulagement, il acquiesça avec un léger sourire torve.

— « Moi aussi, je l’espère. Tous deux, nous avons un ennemi commun : la Guilde. Mais si tu veux que je t’aide vraiment, mon garçon… je vais avoir besoin d’une épée, d’une dague, d’un casque et d’une armure légère. Sinon, je crains que nous n’allions pas très loin. »

Je clignai des yeux.

— « Euh… Je vais voir ce que je peux faire. Certainement, ce n’est pas une mauvaise idée. »

Reyk eut l’air satisfait. Je le maudis mentalement de ne pas y avoir pensé à Kozéra. Je doutais qu’on puisse acheter des armes dans un sanatorium.

À ce moment, Zélif leva la tête.

— « Tiens… Le chef de la caravane vient par ici. »

À peine eut-elle averti que j’entendis des voix et quelqu’un frappa à la porte. Yodah alla ouvrir. La haute figure excentrique et imposante de Mag’yohi Robelawt apparut dans l’encadrement de la porte, accompagnée de trois autres saïjits.

— « Oh… Mahi », dit-il, s’inclinant avec respect. Il était clair qu’il aurait préféré avoir affaire à un autre d’entre nous.

— « Que se passe-t-il ? », demanda Yodah.

— « Ah… Eh bien, voilà. Nous venions vous avertir d’un évènement extraordinaire. Apparemment, cet o-rianshu, une patiente du sanatorium va donner un concert orchestral en utilisant le bruit de la cascade. Elle l’a déjà fait hier et il paraît que c’était une œuvre d’art qui a envoûté tout le monde. Certains disent d’elle que c’est la Réincarnation de la Jouvencelle. Si cela vous intéresse, cela va commencer tout de suite. Nous, nous allons vers le fleuve : ma sœur dit qu’on entend mieux de là-bas. Ah, au fait ! Eux, ce sont les trois infirmiers qui vont nous accompagner jusqu’à la Forêt de Ribol. »

C’étaient deux humains et un nuron. Tous trois inclinèrent légèrement la tête en se présentant :

— « Yango Bertol. »

— « Pynnaklo Dorwa. »

— « Saboth Robelawt », dit le dernier, le nuron. « Enchanté. »

Je les regardais, la tête penchée. Ces visages avec des tatouages de la déesse Mahura me disaient quelque chose…

— « Mais vous êtes ceux du Lac Blanc ! », s’exclama Yanika, franchissant le seuil.

Je compris enfin.

— « Diables, c’est vrai », m’étonnai-je, m’avançant aussi. « Ceux des sankras. N’aviez-vous pas dit que vous travailliez dans un hôpital ? »

La rencontre nous arracha des sourires et des souvenirs. Répondant, Yango assura :

— « L’hôpital va bien. Finalement, nous avons offert les sankras au sanatorium, parce qu’ils avaient plus de moyens pour en prendre soin. En échange, ils ont promis de fournir l’hôpital où nous travaillions en médicaments, et un mécène nous a donné des fonds. C’est pourquoi… »

Il se tourna vers ses compagnons avec un sourire et Saboth Robelawt termina :

— « Nous avons décidé de remercier la grande Mahura et de nous porter volontaires pour donner des remèdes et des soins aux villages les plus perdus de Kozéra. »

— « Mon cousin n’est-il pas merveilleux ? », rit le chef de la caravane. Il donna un coup amical de sa queue de nuron à celui-ci en s’exclamant : « Un véritable altruiste ! »

Saboth fronça le nez, amusé, et demanda :

— « Comment va Livon, le permutateur ? Je n’oublierai jamais que ce garçon m’a sauvé la vie. »

— « Euh… », toussotai-je. « Eh bien, c’est un de ceux qui sont partis chercher une Ragasaki enlevée par les Yeux Blancs… Vous ne les avez pas croisés ici ? Ne vous inquiétez pas, le connaissant, il va sûrement bien. »

Mes paroles optimistes ne durent pas paraître convaincantes car les trois infirmiers avaient ouvert grand les yeux, stupéfiés. Pynn était pâle.

— « Les Yeux Blancs… ? »

— « Oh, allons-y, ne restons pas là », s’impatienta Mag’yohi. « Désolé de vous presser, mais je ne veux pas rater le spectacle après que tu me l’as si bien vanté, cousin. Les autres doivent déjà être en bas. »

Le caravanier s’éloigna en descendant la rue, agitant sa puissante queue et, après avoir échangé des regards interrogatifs, nous sortîmes tous de la maison, refermâmes la porte et nous hâtâmes derrière les infirmiers vers la partie basse du sanatorium, curieux d’entendre cet orchestre extraordinaire.

Il commença avant que nous arrivions en bas. D’abord, le fracas de la cascade s’altéra. Puis, il se fit plus doux avant que l’on ne commence à entendre des tintements mesurés. Nous traversâmes la place pleine de roulottes et nous fondîmes dans la foule qui s’était installée là pour écouter. Je m’avançai avec Yanika, Yodah et Jiyari jusqu’aux rochers du fleuve et m’assis, plissant les yeux vers la cascade noire. De là, nous parvenaient les sons, de plus en plus nets, justes et frais, s’entremêlant à une mélodie harmonieuse. Le bruit de l’eau s’alliait à des sons semblables à des modulations de harpe et de flûte. Les notes s’écoulaient maintenant librement à travers les cordes de l’eau comme sur les cordes d’un luth.

— « C’est beau », murmura Yanika, émerveillée.

Jamais je n’avais été très versé en musique, mais… oui, c’était beau sans aucun doute. La mélodie était claire et douce comme un chaud rayon de soleil. Je fus surpris par ma comparaison et je souris quand je constatai que Kala n’éprouvait plus aucune douleur, ni peur, ni haine : il était captivé.

Alors, une voix s’éleva, haute, claire et envoûtante, chantant dans une langue suave et mélodieuse. Je tentai de la comprendre. Ce n’était pas de l’abrianais. Du caeldrique ? Non plus…

— « Du daercien », murmura Yodah. « C’est du daercien. »

L’aura émerveillée de Yanika devait quelque peu l’affecter, car le fils-héritier ne quittait pas des yeux la cascade. Du daercien ? La langue du pays au sud de Rosehack ? Alors, j’ouvris grand les yeux pris d’une brusque idée et me levai. Dannélah. Était-ce possible ? Assurément, cette mélodie était un peu modifiée, mais ce n’était pas la première fois que je l’entendais.

— « Harmonieuse et harmonique », murmurai-je.

Je souris largement. Que diables faisait Sanaytay au sanatorium ?