Kaosfantasy. Cycle de Dashvara, Tome 2: Le Seigneur des esclaves
Les Xalyas furent conduits jusqu’à une ample pièce avec des paillasses alignées. Au fond, il y avait une fenêtre à jalousie avec une plaque de pierre ajourée digne des meilleurs artisans de Diumcili. Dashvara la contempla avec l’impression de pénétrer dans un petit palais.
— « Ceci sera votre dortoir », informa l’humain en réalisant un geste vague. Son accent de Titiaka était si prononcé que Dashvara dut faire des efforts pour le comprendre. « Les cuisines sont de l’autre côté de la cour et vous pourrez y manger à n’importe quelle heure de la journée tant qu’il y aura quelque chose à grappiller. Nous, nous sommes les domestiques gardiens de la maison et nous dormons juste derrière cette porte », indiqua-t-il : « si vous avez un doute, passez et demandez. Normalement, l’un de nous est toujours dans les parages. Le cuisinier et sa fille dorment dans la cuisine. Vous n’avez pas libre accès aux autres pièces. Et… disons que c’est tout. » Il leur jeta un regard inquisiteur. « Des questions ? »
On entendit plusieurs expirations. Dashvara réprima un petit rire nerveux. Il demandait s’ils avaient des questions… ! Le capitaine Zorvun répondit sur un ton posé :
— « Effectivement, il se peut que nous ayons un certain nombre de questions. Mais, avant tout, merci pour votre accueil. Je suis Zorvun de Xalya. Puis-je vous demander vos noms ? »
L’humain acquiesça tranquillement avec un léger sourire.
— « Bien sûr. Mon nom est Wassag. Et eux, c’est Yorlen et Dafys », il montra un elfe aux cheveux violets puis un sibilien au visage gris comme la pierre et aux yeux d’un bleu intense. « Le bélarque, le vieux Léoshu, est allé fermer le portail. S’il vous plaît, pouvez-vous retrousser vos manches ? Nous devons vérifier que vous êtes tous marqués. »
On entendit plusieurs soupirs, mais personne ne protesta. Quand les trois gardiens les eurent passés en revue, le capitaine demanda :
— « Eh bien, Wassag, en quoi consiste notre nouveau travail ? »
Wassag arqua un sourcil et ses yeux grisâtres scintillèrent.
— « Disons qu’on ne nous l’a pas dit. Je suppose que, dès que Son Éminence sera de retour de voyage, vous le saurez. »
— « Son Éminence ? », murmura Zamoy avec le nez froncé.
— « Voyage ? », répéta Zorvun l’air perplexe. « Atasiag n’est pas à Titiaka ? »
Wassag fit une moue, comme s’il tentait de réprimer un sourire.
— « Disons qu’il n’est pas là », admit-il. « Mais il rentrera très probablement après-demain. »
Sashava grogna et Zorvun lui jeta un regard d’avertissement.
— « C’est bon », affirma le capitaine. « Alors, nous attendrons son retour. »
— « Oui. Comment faire autrement, de toute façon, n’est-ce pas ? » Wassag sourit largement cette fois-ci. « Ah, habituez-vous à l’appeler Son Éminence », ajouta-t-il avec plus de sérieux. « Atasiag Peykat est un magistrat et il est candidat au Conseil. C’est un citoyen de prestige et, nous autres, ses travailleurs, nous sommes les premiers à devoir l’honorer. »
Son commentaire généra des expressions de moquerie et d’exaspération difficilement contenues. Dashvara crut percevoir un mélange de confusion et de curiosité dans les yeux argentés du gardien.
— « Je suppose que cela fait partie du Contrat », soupira enfin Zorvun.
Wassag regarda ses deux compagnons du coin de l’œil avant de déclarer :
— « Je vous suggère de laisser vos sacs ici. Je vais vous guider aux cuisines. Vous devez avoir faim, je suppose. »
Tous les visages s’éclairèrent, en particulier ceux de Maef, Shurta et Arvara. Dashvara sourit. À eux trois, ils auraient été capables de manger une vache entière.
Dehors, un vent froid et humide venu de la mer s’était levé. Ils pressèrent le pas et traversèrent le portique jusqu’aux cuisines. Là, un elfocane de forte taille, entièrement vêtu de blanc, fredonnait une chanson en diumcilien tout en disposant des cuillères sur la table.
— « Serl », fit Wassag avec une affection évidente, « tu n’as pas besoin de nous cajoler comme si nous étions des enfants. Disons que nous savons où trouver les cuillères. Comment va le bouillon ? »
— « Ah, Ah ! », exclama le cuisinier. « N’y touche pas, Wass. Assieds-toi avec les autres. Ah », sourit-il de toutes ses dents. « Quel plaisir d’avoir de nouveau une table pleine. Salut à tout le monde. Je m’appelle Serlag. Je vous apporte tout de suite le bouillon et le pain. Et après j’ai une surprise ! »
Tandis que le dénommé Serl s’éloignait, Dashvara s’assit près de Makarva et murmura :
— « Ils nous ont pris pour une délégation de princes, non ? »
Makarva faisait tourner sa cuillère. Imitant la façon de parler de Wassag, il admit sur un ton grave :
— « Disons que c’est l’impression que cela donne. »
Dashvara étouffa à moitié un rire et, quand il croisa le regard de Wassag, il lui adressa une moue d’excuse : le très discret Makarva avait parlé en langue commune.
— « Mak », soupira-t-il, patient, « combien de fois je t’ai dit qu’il ne faut pas se moquer des gens avant d’avoir évalué leur degré de susceptibilité ? »
— « Mm », réfléchit Makarva. « Je crois que ça, tu ne me l’avais pas encore dit. »
— « Il faut toujours tout t’expliquer », se moqua Dashvara.
Wassag réalisa un mouvement de sourcils et s’assit en face du capitaine, entouré de l’elfe aux cheveux violets et du sibilien. Ceux-ci n’avaient pas encore prononcé un mot.
— « C’est vrai que vous venez de la Frontière ? », demanda le brun.
Zorvun acquiesça.
— « Nous en venons. »
Un éclat de curiosité passa dans les yeux de Wassag.
— « Eh bien, vous avez eu de la chance d’en sortir. Ici, on raconte qu’un Condamné ne parvient que rarement au jour de sa libération. »
— « Pas étonnant », fit Orafe, avec un rire sarcastique. « Ils sont presque tous condamnés à vie. »
De tous les Xalyas, Orafe était celui qui avait le visage le plus dur et le plus couturé de cicatrices. C’est pourquoi Dashvara ne fut pas surpris quand Wassag le dévisagea durant quelques secondes avant de grimacer discrètement.
— « Je vois. Disons que, par ici, nous ne savons pas grand-chose sur les Communes. Je sais seulement que les marécages d’Ariltuan sont habités par des créatures dangereuses. Des orcs, disent certains. »
— « Des orcs », affirma Shurta.
— « Et des milfides », ajouta Zamoy avec désinvolture. « Des créatures bipèdes avec des dents affilées, une peau bleutée et des griffes qui t’écorchent rien qu’en te frôlant. Regarde ce que m’a fait l’une d’elles », ajouta-t-il en retroussant la manche de son bras gauche : un long sillon cicatrisé parcourait sa peau de l’épaule jusqu’au coude. Wassag eut l’air impressionné ; Yorlen et Dafys demeurèrent imperturbables. Zamoy esquissa un sourire diabolique. « Dashvara et Lumon ont déchiqueté cette maudite bête à coups de sabres. »
— « Par la Sérénité… », susurra Wassag.
— « Il y a aussi les adrièges », observa Pik avec un de ses habituels tics nerveux. « Des bêtes que tu ne sais pas si elles marchent ou si elles rampent et qui se confondent avec la boue. C’est comme d’énormes serpents avec des bras. Mon frère Kaldaka et moi, nous sommes tombés sur un adriège un jour où nous arrachions des arbustes près de la lisière. Il nous a jeté un de ses crachats pleins de venin et, si Arvara n’avait pas été là pour nous ramener au baraquement et que Tsu ne nous avait pas traités avec ses breuvages, nous serions devenus de vrais zombis. Regarde ça », lança-t-il, en tirant le col de sa chemise pour montrer un morceau de peau noire comme le charbon. « Nécrose, c’est comme ça que Tsu appelle ça. Mon frère a la même chose sur l’épaule. »
— « Fichtre… », murmura Wassag ; à présent, il n’avait pas l’air aussi fasciné, mais plutôt effrayé. Yorlen, par contre, avait penché la tête avec un subit intérêt.
Dashvara intervint :
— « Et puis, il y a les brizzias. C’est comme de grands golems de pierre couverts de mousse. Ils mesurent bien environ quinze pieds. Je ne sais pas, pour que vous vous fassiez une idée, s’ils tendent la main, ils peuvent toucher le toit de cette maison. S’ils te donnent un coup de poing, ils t’envoient jusqu’au désert. »
— « Vraiment ? » Wassag se racla la gorge. Un éclat d’incrédulité passa dans ses yeux.
Vraiment, fédéré, sourit Dashvara.
— « Y en a un qui a écrasé la jambe de Sashava avec le poing », affirma Atok. « Et Dashvara s’est cassé deux côtes en l’attaquant par-derrière. »
— « Il m’a donné un coup de tête », précisa Dashvara. « Et moi, j’ai failli lui planter ma lance dans l’œil, mais vois-tu ? Je ne l’ai pas fait. Si je l’avais fait, nous ne serions pas assis ici mais en train de pourrir dans la boue au beau milieu d’Ariltuan. »
— « Vous êtes entrés dans les marécages ? », s’enquit Wassag.
— « Ça oui, nous y sommes entrés », rit Sashava. Dashvara sourit en le voyant de si bonne humeur. « Tu vois, fédéré : nous avons parcouru des milles entiers dans la boue. »
— « Et après, le brizzia est arrivé, on en a eu assez et nous avons fait demi-tour », compléta Dashvara, amusé.
— « Bah, les brizzias, ce n’est pas le pire », assura Alta. « Les créatures qui terrifient le plus les Condamnés, ce sont les petites, celles que l’on ne peut presque pas voir. Vous savez ce que c’est que les saravièses, les gars ? » Wassag et Yorlen firent non de la tête. « Ce sont des insectes qui t’attaquent pour te sucer le sang. Ces bestioles t’injectent un liquide qui te fait faire des bonds pendant des heures. »
— « Non, non, non. C’est plutôt que tu t’effondres par terre, tout secoué de spasmes », nuança Zamoy. Les Triplés étaient des experts en la matière : pour quelque raison, les saravièses appréciaient particulièrement leur sang.
Makarva s’éclaircit la voix et intervint :
— « Il faut réellement tout un essaim de saravièses pour mourir. Par contre, avec une morsure d’anfiver, en quelques minutes, tu es déjà bon pour alimenter les milfides et les corbeaux. C’est un serpent à la peau très transparente », expliqua-t-il aux trois hôtes. « Il se fourre dans la boue, il court à la vitesse de l’éclair et on ne le voit que lorsqu’il te tombe dessus. »
Zorvun marmotta, amusé :
— « Vous êtes en train de les effrayer, les gars. »
— « Nous effrayer ? Pas du tout », répliqua Dafys, le sibilien. Le son de sa voix était rauque comme celui de deux pierres qui raclent l’une contre l’autre. Il promena ses yeux bleus sur les Xalyas tandis que le cuisinier s’approchait avec le bouillon. « Je ne gobe pas toutes ces histoires », affirma-t-il. « Si ces anfivers sont si dangereux, s’il y a tant de monstres horribles, comment expliquez-vous que vous êtes encore en vie ? »
Sa question arracha à tous des sourires et de petits rires.
— « Parce que nous avons eu de la chance, peut-être ? », proposa Kodarah le Chevelu.
— « Parce que les yeux de Lumon nous avertissent de tous les dangers », intervint Miflin.
— « Parce que nous avons le meilleur capitaine du monde », s’exalta Makarva, brandissant sa cuillère.
— « Quelle paire d’adulateurs », souffla Zamoy.
— « Parce que nous sommes des Xalyas. » L’affirmation de Sashava était catégorique. Cela aurait pu paraître une plaisanterie venant de tout autre personne mais, venant de lui, c’était impossible : Sashava ne plaisantait pas avec l’honneur des Xalyas. Zorvun se racla la gorge.
— « Et parce que nous ne sommes restés là-bas que trois ans. »
Wassag souffla.
— « Que trois ans, tu dis ? »
Le capitaine esquissa un sourire.
— « Je connais un Condamné qui est là-bas depuis plus de quinze ans. » Il parlait de Towder, de la Tour de Dignité. « À l’évidence, beaucoup ne survivent pas à la première année », murmura-t-il et Dashvara devina qu’il pensait à Kadayra, le frère d’Orafe qui était mort durant les premiers mois. Le capitaine secoua la tête. « Dans la pratique, si l’on omet les maladies, le plus grand danger, ce sont les milfides. Elles ne cherchent pas seulement le bétail comme les orcs : si elles te croisent sur leur chemin, c’est toi qu’elles dévorent. Et elles ne reculent devant rien, même pas devant l’acier. Durant ces trois années, je n’ai pas vu une seule milfide s’enfuir en courant pour sauver sa vie. »
Pour quelque raison, Zorvun avait toujours été fasciné par le comportement des milfides ; Dashvara se demandait parfois si ce n’était pas parce qu’elles possédaient le même entêtement que son ami le seigneur Vifkan. Il sourit et se leva à moitié quand ce fut son tour de se servir du bouillon. Celui-ci était composé d’une variété incroyable d’ingrédients. Il ne fut capable de reconnaître que les carottes et l’oignon. Près de la table, Serl proclama avec une évidente satisfaction :
— « Bouillon de poulpe, céréales, oignons, ail, thym et autres ingrédients, secret de l’oncle Serl. Mangez avant que cela ne refroidisse et cessez vos récits macabres. Ici, dans ma cuisine, on parle de la bonne vie et de la joie, pas de monstres répugnants. Mangez ! »
Agréablement surpris, Dashvara s’unit aux autres pour lui communiquer ses remerciements et l’oncle Serl rougit de plaisir avant de s’éloigner pour s’occuper de sa cuisine.
Le bouillon était excellent. Il ne se rappelait pas avoir mangé un plat aussi bon depuis… eh bien, depuis jamais, à vrai dire. Au Donjon de Xalya, ils n’avaient jamais eu d’ingrédients pour assaisonner dûment les repas et, à la Frontière, ils mangeaient des garfias tous les jours et la garde de Rayorah ne leur fournissait de la bonne viande qu’une fois l’an, pour la fête d’hiver ; et ce n’était pas spécialement une partie de plaisir de se rendre en ville au milieu de la neige pour aller la chercher.
Bah, se dit-il, en mâchant à pleines dents. C’est du passé, Dash : à présent, la bonne vie t’attend.
Il sourit de nouveau, enjoué. À cet instant-là, il serait resté assis avec son bouillon même si on lui avait offert la liberté de s’en aller. Finalement, pour s’en aller où, de toute façon ? Tuer des chefs shalussis ? Dès qu’il eut saucé son bol, il s’unit au « défilé de la louche », comme le dénomma l’inventif Zamoy, et il se servit une deuxième portion. Maef et Arvara en étaient déjà à leur troisième bol.
Ah. Cobra ne sait pas qui il a pris sous son toit. Si on continue à nous soigner aussi bien, nous allons vider son garde-manger en une semaine.
Il avalait sa dernière cuillerée quand il vit Makarva s’appuyer contre le dossier de sa chaise et pousser un soupir de profonde satisfaction.
— « Oiseau Éternel, tu crois qu’ils vont me regarder de travers si j’embrasse l’oncle Serl ? » Ses yeux brillaient de gratitude.
Dashvara rit.
— « Penses-tu. Même que, si tu l’embrasses, je l’embrasse moi aussi. »
— « Génial. Où est-il passé ? », demanda Makarva. Les autres étaient plongés dans leurs conversations, faisant plus de raffut qu’une bande d’ivrognes exaltés. Même Orafe le Grognon et Sashava le Grincheux étaient de bonne humeur. Dafys, le sibilien, s’était éclipsé, mais Wassag et Yorlen étaient encore là, l’un parlant avec le capitaine et l’autre aussi muet qu’une tombe. Durant quelques secondes, Dashvara contempla ses frères, fasciné. Dans la vie, peu de choses étaient plus belles que de voir ses êtres chers heureux et insouciants ; repus et avec la merveilleuse conviction qu’ils ne retourneraient plus jamais à la Frontière… Il cligna des paupières.
Ouille, ouille, ouille ! Attention, Dash. Tu deviens sentimental.
Le rire de stentor d’Arvara le Géant le tira de ses pensées. Makarva cherchait toujours le cuisinier quand Dashvara vit l’elfocane entrer par une porte intérieure. Il portait sur l’épaule un sac qui émettait des bruits de verre.
— « Qu’est-ce que c’est, Serl ? », s’enquit Wassag, en se levant pour l’aider à déposer son sac sur la table.
Le cuisinier afficha un énorme sourire.
— « Un vin vieux d’Atalbella, les gars », annonça-t-il. « Le meilleur vin de toute la côte est de l’Océan Pèlerin. Cadeau de Son Éminence. »
La stupéfaction laissa place à l’enthousiasme. Avec un sourire de loup, Makarva murmura :
— « Je l’embrasserai deux fois ! »
— « Attention, Mak », le prévint Dashvara. « Un cadeau éminent de plus et tout cela pourrait dégénérer en une orgie. »
Orafe protesta qu’il aurait préféré boire le vin avec le bouillon, mais Serl fut catégorique : un vin de cette classe se buvait comme dessert. Il leur revint un seul verre à chacun et, déçu, Makarva marmonna qu’un verre de vin ne pouvait dégénérer en quoi que ce soit de toute façon. Dashvara but son verre d’un trait et observa le cuisinier tandis que celui-ci buvait très délicatement une gorgée du sien.
— « Sentez la texture », disait-il, exultant. « On dirait une fraise tombée dans un puits d’ambre. »
Une fraise quoi ? Dashvara échangea un regard avec Makarva et tous deux se raclèrent la gorge discrètement pendant que le cuisinier continuait à délirer en déclamant des absurdités sur le vin. Chacune était plus extravagante que la précédente.
— « Flamboyant de lumière », répéta Dashvara, en soufflant. « À moins qu’il ne parle du candélabre… »
— « Béni par la Grâce de l’Humilité », rit discrètement Makarva. « Diable, et moi qui l’ai bu sans le savoir. »
Zamoy donna un coup de coude complice à Miflin.
— « Presse-toi, sinon il va te battre à la course, Poète », se moqua-t-il.
Quand l’oncle Serl s’arrêta de parler, tous les Xalyas avaient terminé leur verre et observaient l’imposant elfocane avec des expressions amusées et incrédules.
— « Serl », dit Wassag, en lui tapotant l’épaule. « Bois donc, allez. Tu vas finir par faire tomber ton verre. Eh, vous tous, je suppose que vous devez être épuisés, alors je vous souhaite une bonne nuit. Et comme je vous l’ai dit, si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas à frapper à notre porte. »
Zorvun se leva et tous l’imitèrent. Une armée de chaises crissa contre le sol.
— « Merci beaucoup pour tout, pour l’accueil et pour le vin », remercia le capitaine. Il semblait un peu grisé, comme si un seul verre de vin avait altéré ses réflexes. Il n’avait pas la résistance de Kroon, sourit Dashvara. En sortant de la cuisine avec ses frères, il confirma pour lui-même :
— « Qu’est-ce que je disais : ils nous ont pris pour une délégation de princes. »