Kaosfantasy. Cycle de Dashvara, Tome 2: Le Seigneur des esclaves
Dashvara n’avait jamais lutté sérieusement contre une femme et il eut du mal à ravaler ses scrupules. Il les ravala d’un coup quand Yira attaqua et il esquiva l’attaque… il vit son sabre traverser le sien comme s’il n’avait jamais existé. Il haleta et évita une autre attaque de justesse. Yira utilisait des illusions.
Sa perception s’altéra. Il vit l’air se déchirer et onduler autour de lui. Yira s’immobilisa de nouveau. Elle portait deux sabres noirs dans ses mains. D’où avait-elle sorti le deuxième ? Elle se précipita et, à la stupéfaction de Dashvara, elle lui lança un des sabres… qui se changea en un serpent épouvantable aux énormes crocs. Dashvara se baissa instinctivement et recula, les yeux exorbités. Il croyait être subitement tombé dans un abîme de cauchemars. Une horde de serpents d’ombre se jeta sur lui, filant comme des flèches meurtrières. Dashvara leva ses sabres et fendit l’air avec, aussi vite qu’il le put. Il ignorait si l’acier pouvait quelque chose contre cette magie. Il s’avéra que non : les reptiles volants traversèrent ses armes comme si celles-ci n’avaient jamais existé. Oh, diables. Ces monstres n’étaient-ils vraiment que des illusions ? Dès qu’ils l’atteignirent, ils se volatilisèrent et Dashvara eut l’horrible et absurde certitude qu’ils avaient pénétré dans son corps pour le tuer de l’intérieur. Son cœur s’affola et ses poumons le trahirent. Il avala du sang mais ne toussa pas. La seconde suivante, il vit la véritable lame noire du sabre pointée sur sa poitrine. Il se trouva de nouveau dans une Arène stable, sans serpents et sans illusions. Le combat n’avait même pas duré deux minutes.
— « Ça, c’est de la triche », croassa-t-il, en baissant ses armes.
Un éclat amusé brillait dans les yeux de Yira.
— « Ce n’est pas de la triche. Ce sont des harmonies. Alors ? Tu te rends ? »
Dashvara roula les yeux.
— « À ton avis ? », lui répliqua-t-il.
Yira baissa son sabre, visiblement satisfaite.
— « Tu devrais partir. Il reste moins d’une demi-heure avant quatre heures. Et Son Éminence n’aime pas les retards. »
Dashvara n’avait pas oublié le rendez-vous, mais il ne pensait pas que le temps ait pu passer aussi vite. Encore étourdi, il fit un geste silencieux de la tête et, inconsciemment, il contourna Yira à une distance prudente. Ces trucs de magie lui avaient donné une image plus qu’inquiétante de cette femme.
Quand il passa près de ses frères, il grommela avant que l’un d’eux ne commente quoi que ce soit :
— « Cette magicienne est plus makarveuse que toi, Mak. »
— « Je ne t’avais jamais vu lutter aussi mal », se moqua son ami. « Quel sortilège t’a-t-elle donc lancé ? »
Dashvara le regarda avec étonnement.
— « Tu n’as pas vu les horribles serpents qu’elle m’a jetés ? »
Les Xalyas firent non de la tête. Zamoy avoua :
— « Nous avons juste vu qu’elle te jetait des sortes de rayons d’ombres. Après tu es resté paralysé comme une pierre et la Sans Visage s’est approchée de toi sans que tu te défendes. »
Dashvara grimaça.
— « Bouah », grogna-t-il. « Ce n’est pas pour rien que les Anciens Rois détestaient la magie. Enfin, je pars. Son Éminence veut que je lui rende visite maintenant. »
Plus d’un prit un air surpris.
— « On dirait qu’Atasiag t’apprécie particulièrement », observa Alta.
Dashvara se limita à hausser les épaules et à répliquer :
— « Des mystères de la vie. Écoutez, à propos des Akinoas… »
Orafe lui coupa la parole, la voix âpre :
— « Nous le savons, Dash. Si tu as donné ta parole que nous ne les attaquerons pas, je ne les attaquerai pas. Mais je n’en pense pas moins que cet accord est inhumain. Les Akinoas méritent la mort. »
Dashvara acquiesça, acceptant son avis. Il ne s’attendait pas à ce qu’aucun Xalya pardonne aux Akinoas leurs crimes : lui-même ne pouvait les pardonner. Même Maloven, si clément, ne l’aurait probablement pas fait. Il promena un regard inquisiteur sur les visages des Xalyas et, sans répondre, il les salua, leur tourna le dos et se dirigea vers la sortie de l’Arène. Là, il croisa le visage moqueur de plusieurs Ragaïls qui avaient assisté à la victoire fulgurante de Yira. Dashvara haussa les épaules.
— « Je n’allais pas laisser perdre une dame », leur lança-t-il avec désinvolture. Plus d’un garde sourit.
À l’entrée, Dashvara trouva le sergent assis sur un banc, lisant un livre.
— « Tu vas quelque part, soldat ? », s’enquit le Ragaïl en levant les yeux.
— « Voir mon maître », répliqua Dashvara. Il jeta un coup d’œil curieux à la couverture du volume. Celui-ci s’intitulait Le Pêcheur de Lumière. Il esquissa une moue méditative. Techniquement parlant, comment quelqu’un pouvait pêcher quelque chose que l’on ne pouvait saisir avec les mains ? Il sourit intérieurement. Je devrai demander ça au Poète.
Le sergent arqua les sourcils et observa :
— « Je ne t’empêche pas de partir. »
Dashvara s’empressa d’acquiescer et de sortir de l’édifice. Il traversa la place qui entourait l’Arène, esquivant des gens élégants portant des tuniques blanches et des perruques, des vêtements colorés et des ceintures bordées d’or. Il passa par les mêmes rues qu’à l’aller. Il tournait à gauche pour se diriger vers le Tribunal quand une soudaine vision l’arrêta net. Là, devant une boutique d’apothicaire, une femme en saluait une autre, lui lançant quelque réplique, le visage amusé. Il l’aurait reconnue entre mille. C’était Zaadma. Elle allait rentrer dans son magasin, une main appuyée sur son ventre de femme enceinte quand un sixième sens l’amena à promener son regard dans la rue. Dashvara croisa les yeux noirs de sa déesse et, un instant, il fut tenté de poursuivre son chemin et de feindre de ne pas la reconnaître.
Et tu traites le capitaine de lâche, Dash ?, se moqua une petite voix tendue dans sa tête. C’est normal que Zaadma ait trouvé un autre homme. Toi, tu ne lui as jamais dit que tu l’aimais. Et, même si tu le lui avais dit, trois ans ont passé depuis la dernière fois que tu l’as vue ; regarde-la : elle ne te reconnaît même pas.
Il s’approcha presque à contrecœur et lui adressa un sourire hésitant.
— « Ça faisait longtemps, cousine. »
Zaadma ouvrit grand les yeux et laissa échapper une exclamation étouffée.
— « Dash ? Par la Divinité, par la Divinité ! », répéta-t-elle, stupéfaite, en le regardant de haut en bas. « Je savais que tu viendrais, mais je ne pensais pas te voir si tôt. »
— « Et je ne pensais pas te voir si radieuse, Zaé. » Le sourire de Dashvara s’élargit et, cette fois, il était sincère. « Alors maintenant tu t’es installée à Titiaka », observa-t-il, en jetant un coup d’œil à la petite herboristerie.
Zaadma sourit, rougissante.
— « À Dazbon, je ne pouvais pas me sentir tranquille avec mon père dans les parages. Je dois admettre que Titiaka est une ville bien plus belle que Dazbon, tu ne trouves pas ? Les gens sont plus bavards et plus ouverts. Et ils adorent consommer toutes sortes d’herbes. Les affaires vont à merveille. » Elle sourit avec malice puis lui jeta un regard inquisiteur. « Et toi, Dash ? Je suppose que tu dois être content du changement de décor, non ? »
Nous parlons comme des inconnus, pensa Dashvara avec un frisson. Il acquiesça de la tête et signala sa belle armure d’écailles de sowna.
— « Tu vois bien, on m’habille même comme un prince », répondit-il. Il fut sur le point de faire quelque commentaire sarcastique sur la Frontière, mais il se retint. Nerveux, il fit un geste vague vers la rue. « Je suis désolé, Zaadma. Je dois y aller. J’espère pouvoir te parler bientôt. » Il s’éclaircit la voix. « Je peux te demander qui est l’heureux père ? »
Les yeux noirs de Zaadma étincelèrent de bonheur.
— « C’est ton frère, cousin. »
Dashvara arqua un sourcil puis se souvint qu’à Rocavita, Rokuish s’était fait passer pour son frère.
— « Rok ? » Il rit de bon cœur tandis que Zaadma acquiesçait. « Alors, le troisième Shalussi était le bon. Je me réjouis pour vous deux. Tu ne le tyrannises pas trop, j’espère. »
Zaadma roula les yeux.
— « Ha ! L’unique tyran, c’est celui-ci », assura-t-elle, en se tapotant le ventre. « C’est dommage que tu doives déjà t’en aller. Je serais ravie que tu repasses par ici. Tu dois avoir des tas de choses à raconter, et moi aussi », elle sourit : « comme toujours. Rok dit que je parle plus que sa mère. »
Dashvara sentit un vent chaud se frayer passage dans son cœur. Non, rectifia-t-il. Ils ne parlaient pas comme des inconnus. Zaadma était la première personne à Titiaka qui avait vraiment l’air de se réjouir de le voir.
— « Je reviendrai demain », promit-il avec fermeté. Puis il hésita en pensant à Atasiag. « Enfin, du moins, je reviendrai si je peux. »
Il se moqua de lui-même : à l’évidence, il n’allait pas revenir s’il ne pouvait pas. Quand il était nerveux, il disait de ces sottises… Il inspira et prononça l’habituelle formule xalya :
— « Que l’Oiseau Éternel veille sur toi, sur Rokuish et sur ce petit tyran qui n’est pas encore né. »
Zaadma ouvrit la bouche, feignant l’indignation.
— « Petit tyran ? », répéta-t-elle. « Moi, j’ai le droit de l’appeler tyran, parce que je suis sa mère, mais personne d’autre. Maintenant, va faire ce que tu as à faire », lança-t-elle et elle sourit : « Et, puisque nous en sommes aux bénédictions, que le Dragon Blanc te protège. »
Dashvara lui adressa un salut et s’éloigna plus joyeux que mortifié. En chemin, il écarta tous ses fantasmes et les relégua au passé. Il est grand temps de cesser de rêver des amours imaginaires, Dash. Maintenant, centre-toi sur tes pas et retourne au monde réel.
Il était si concentré à penser qu’il devait retourner au monde réel qu’il ne vit pas la vieille femme avec sa perruque extravagante et son imposante robe verte et il la heurta de plein fouet. Il la retint de justesse avant qu’elle ne tombe.
— « Diables ! », bredouilla-t-il. « Mes plus sincères excuses, vieille dame, tout va b… ? »
Quelque chose siffla à ses oreilles et il reçut un coup de bâton dans le dos qui lui fit voir trente-six chandelles. Il rendit grâce à la chance de porter une armure ; sinon, à coup sûr, il se serait cassé quelque chose. Il lâcha la vieille femme, chancela et se retourna pour se trouver face à face avec un jeune homme hautain à l’expression contractée par l’indignation.
— « Regarde où tu vas, esclave ! », s’écria-t-il.
Il faillit utiliser de nouveau son bâton mais, quand il baissa les yeux sur sa ceinture et qu’il vit le Dragon Rouge, il sembla changer d’avis. Dashvara remarqua alors qu’il portait le Cercle Bleu des Korfu sur son bâton.
— « Lan », intervint calmement la vieille dame. « Je vais bien, mon chéri. Laisse-le tranquille. »
Dashvara gémit intérieurement. Ce jeune homme était Lanamiag Korfu. Le fils de Rayeshag Korfu. Un autre allié d’Atasiag Peykat. La bouche sèche, il décida de renouveler ses excuses :
— « Sagdi hatnetu. »
Il eut la mauvaise idée de parler en diumcilien comme le Légitime et quelque chose, dans l’expression de Lanamiag, lui dit qu’il avait gaffé. Des paroles du shaard Maloven lui revinrent à l’esprit : “Ne négocie jamais dans une langue que tu ne connais pas”.
— « Mes excuses ? », s’indigna Lanamiag. « Que diables, tu exiges que je te présente mes excuses ? », feula-t-il et il leva son bâton. « Je vais aider ton maître à dresser ses nouveaux travailleurs, oh que oui. »
Dashvara pensa une seconde à sortir ses sabres. Puis, il pensa à s’enfuir en courant et cela lui sembla plus sage. Il esquiva un coup et plusieurs passants poussèrent des exclamations de stupéfaction. Il recula précipitamment et partit en courant dans la rue tandis que Lanamiag s’empourprait.
— « Gardes, arrêtez-le ! »
Tu as commis une erreur, Dash : fuir ne peut qu’aggraver les choses.
Il le vérifia quand deux hommes avec des uniformes de miliciens lui barrèrent le passage et le poussèrent en arrière. Sachant que sortir ses sabres aurait peut-être signé son arrêt de mort, il se retourna vers Lanamiag Korfu, la mâchoire crispée.
— « Tu es nouveau par ici, hein ? », murmura un des miliciens. « On ne fuit pas devant un citoyen, et encore moins devant un Légitime. Il vaudra mieux que tu acceptes ta punition sans plus de simagrées. C’est un conseil d’égal à égal. »
Dashvara grogna pour toute réponse mais, quand il arriva devant Lanamiag, il obéit aux ordres sans faire de « simagrées ». Il dut ôter son armure “pour ne pas abîmer le matériel de Son Éminence Atasiag Peykat” et Lanamiag commença à le frapper avec son bâton de commandement. Le maudit Korfu s’avéra même assez didactique car, entre coup et coup, il prononça des leçons de conduite :
— « Un travailleur ne regarde pas un citoyen dans les yeux. » Pan, pan !. « Il s’écarte toujours de son chemin. » Pan, pan !. « Il ne part pas s’il n’a pas été renvoyé. » Pan, pan !. « Il accepte d’être châtié pour sa mauvaise conduite. » Pan, pan !. « Et il ne parle pas si on ne lui demande pas de parler. »
Il avait reçu seulement dix coups. Enfin, le « seulement » était relatif. Dashvara haletait sur le sol écoutant les paroles du Légitime comme une litanie insidieuse et dénuée de sens. Quand il parvint à se redresser, Lanamiag Korfu venait de donner plusieurs dettas à chaque milicien et s’éloignait déjà avec la grand-mère.
Oiseau Éternel, pensa-t-il, le cœur lourd. Maintenant je comprends ce que nous sommes pour vous, citoyens. Des instruments. De simples biens qui ressemblent à des saïjits mais ne sont pas traités comme tels.
Une colère froide s’empara de lui et, quand un des miliciens l’aida aimablement à se relever complètement, il cracha sur le sol avec rage.
— « La prochaine fois, tu le sauras », soupira le milicien, en lui donnant une tape sur le bras. « Réfléchis avant de faire le dur. »
— « Eh », intervint son compagnon. « Il a craché du sang. »
Dashvara ne prit même pas la peine de baisser les yeux sur le sol pour vérifier.
— « Merci pour le conseil, fédéré », se limita-t-il à dire. Et il se disposa à revêtir l’armure malgré la douleur.
— « Attends, tu es blessé », s’alarma le milicien. « Il faut t’emmener chez un médecin. Il se peut qu’un coup t’ait… »
— « Penses-tu », le coupa Dashvara. « C’est tout à fait normal. Si tu veux vraiment m’aider, aide-moi à remettre ça. »
Alors que Dashvara souffrait à chaque mouvement, les deux miliciens le regardèrent, perplexes. Il ne s’était jamais senti aussi maladroit en revêtant une armure.
— « En mettant ça, tu vas souffrir davantage », observa patiemment le premier milicien.
— « Je m’en fiche », grommela Dashvara.
Après une brève hésitation, le milicien s’approcha et l’aida à se vêtir. Enfin, Dashvara remit sa ceinture mauve avec les sabres et dit :
— « Merci. Bonne fin de journée, fédérés. »
— « Nous ne sommes pas des fédérés », lui répliqua celui qui l’avait aidé. « Moi, je suis fils de pirates. Et lui, il vient d’une famille nomade. » Il lança un coup d’œil à son compagnon avant d’ajouter à voix basse : « Tu as été un Condamné, n’est-ce pas ? J’ai vu le sceau », expliqua-t-il quand il vit Dashvara arquer un sourcil. « D’où viens-tu ? De la Contrée ? »
Dashvara fronça les sourcils.
— « D’où ça ? Oh », comprit-il. « Tu veux parler de la Contrée Bleue, au sud ? Non, je viens du nord. »
Un éclair de compréhension passa dans les yeux du milicien.
— « Tu viens du Désert de Bladhy ? »
— « Non plus », sourit Dashvara. « Je viens de la steppe de Rocdinfer. »
Le milicien écarquilla les yeux.
— « Tu es un Honyr », souffla-t-il.
Dashvara lui rendit un regard déconcerté.
— « Un quoi ? »
Il avait déjà entendu ce mot, longtemps auparavant. Mais il ne s’attendait pas à ce que quelqu’un en Diumcili puisse le connaître. Le milicien baissa les yeux sur les sabres et acquiesça, convaincu.
— « Un Honyr, un de ces guerriers de la steppe qui savent lutter en volant avec le vent et… »
— « Non », l’interrompit Dashvara. « Je ne suis pas un Honyr. Les Honyrs sont un autre clan. Nous les appelons les Voleurs de la Steppe. Moi, je suis un Xalya. Et je ne lutte pas en volant avec le vent », il réprima un sourire et déclara : « Maintenant il vaudra mieux que je m’en aille parce que je n’ai pas envie d’arriver en retard et de recevoir d’autres coups de bâtons. » Il laissa échapper un petit rire. « J’en ai eu assez pour aujourd’hui. Maudits Diumciliens. »
Les miliciens sourirent et celui qui avait été le plus causeur dit :
— « Bonne chance, Xalya. Si un soir tu passes devant la taverne du Nadre Joyeux, n’hésite pas à entrer. C’est vers là où se trouve le quartier général. On s’y amuse beaucoup en parlant de nos si chers Diumciliens. »
Il lui adressa un sourire éloquent, réalisa un bref salut et s’éloigna avec son compagnon. Dashvara les observa, songeur. Ceux-là mêmes qui venaient d’obéir à Lanamiag Korfu pour que celui-ci le roue de coups l’aidaient ensuite et l’invitaient dans un établissement où l’on critiquait les citoyens. Il avait beau le savoir déjà depuis longtemps, il ne pouvait s’empêcher d’être surpris en voyant combien les actes d’un même homme pouvaient être contradictoires par simple instinct de survie.
Que d’ironie.